jeudi 9 août 2007

Ma plus grande blessure...

J'ai peur de paraître trop grave. J'ai peur d'encore me faire lancer des tomates. N'allez pas croire que je suis malheureux. Tout va bien. Je me laisse porter par un courant fort. Je réalise ce que je suis. Qui je suis. Et, chanceux que je suis, il y a des êtres extraordinaires qui aiment profondément l'homme que je suis. Avec ses failles et ses montagnes. Il y a des êtres extraordinaires qui tombent en amour avec qui je suis. Parce que justement, je suis!
Un soir, la semaine dernière, je soupais avec quelques unes de mes meilleures amies. Une d'entre elles commencent à parler d'une fille qu'elle connaît et qui est en couple depuis peu. Ce couple a choisi d'habiter ensemble très tôt... Et depuis qu'ils habitent ensemble, leur couple bat de l'aile... Et voilà que cette fille vient de tomber enceinte. Ça fait étrangement comme si elle avait peur que son chum la quitte, alors, elle a eu comme idée de faire un bébé pour sauver le couple. C'est ce que j'en déduit. Je juge. J’ai presque immédiatement pogné les nerfs. Comme si mon amie avait pesé sur le bouton panique. Je vois rouge quand j’entends qu’il y a encore des filles qui pensent qu’un bébé va sauver leur couple… C’est tellement l’opposé qui arrive. Un bébé fait tout le contraire. Ça me mets bleu parce que je suis un bébé conçu pour sauver un mariage, un bébé avec pour mission de garder son père à la maison… C’est lourd à porter comme mission. Toute ta vie tu te sens pas à ta place…
Anyway, je pogne les nerfs, solide. Je me mets à juger sévèrement cette fille enceinte, que je ne connais même pas. Mon amie m’écoute et me remet à ma place en me disant que ce n’est pas de mes affaires et que de toute façon, cette fille est une excellente mère. Ce bébé va trouver sa place… Et elle ajoute :
«Joss, une chance que ta mère a essayé de sauver son mariage en te mettant au monde… C’était sûr que le mariage finirait pareil, mais imagine si tes parents avaient su que c’était fini avant que tu arrives… Tu serais même pas là. Ça serait triste un monde sans Joss ! Une chance que tu es là ! Moi, je dis merci à ta mère !»
J’ai comme réalisé sur le coup le venin que je me transmettais depuis toujours en ne voulant pas valider positivement ma propre venue au monde. Comme si, dans le fond, j’avais pas vraiment eu le droit d’exister au départ… Alors que, en toute humilité, j’apporte jour après jour, tellement de beauté, de joie et de douceur à ce monde…
Quelle grande preuve d’amour elle m’a fait ce soir-là cette merveilleuse amie au grand cœur…

Plus tard, autre grande preuve d’amour, encore de la part de cette amie d’exception. Je suis allé m’excusé d’avoir pogné les nerfs et d’avoir jugé cette fille qu’elle connaît. L’amie me regarde :
«Tu n’as pas à t’excuser. Tu a émis une opinion et ça a provoqué une discussion. Je ne veux pas que tu te censures jamais avec moi, Joss. Tu peux tout me dire, même si des fois ça ne fait pas mon affaire. Je vais toujours être capable de le prendre parce que je t’aime. Les opinions et les idées de mes amis sont hyper importantes pour moi. Jamais je veux que tu t’empêches de parler de quoi que ce soit avec moi, okay ?»

Avoir cette liberté. Avoir le droit d’être ce que je suis. Entièrement. Et être entièrement aimé dans ce que je suis. Avoir le droit d’exister. Mon Dieu que cette soirée m’a fait du bien ! Mon Dieu que je suis chanceux d’avoir de si belles amitiés!
Merci !
XXX

4 Commentaires:

Anonymous mylarie la paploute a ajouté...

Garde la précieusement cette amie. ON n'en trouve pas à tous les coins de rue ;) :)

4:14 p.m.  
Blogger Amay'z a ajouté...

J'ajoute que même si on ne se connait pas, je viens voir régulièrement ton blog et tu fais du bien!! Je ne connait ton histoire qu'en surface, mais tu es extra!! Vive Joss:)

1:49 a.m.  
Blogger Alcib a ajouté...

Si Joss ne disait pas ce qu'il pense il ne serait pas Joss. Et ce que dit Joss n'est pas toujours condamnable, loin de là ;o)
Je pense comme cette amie : ce serait triste un monde sans Joss (et le pire, c'est qu'on ne pourrait même pas prendre conscience de notre chance que, pour une raison ou pour une autre, quelqu'un avait voulu faire un cadeau à la vie en mettant au monde celui qui est devenu Joss).
Je comprends que tu en veuilles à tes parents de ne pas t'avoir mis au monde pour « la bonne raison » ; mais l'essentiel, c'est que tu y sois ; et puisqu'on ne peut pas corriger le passé, aussi bien se concentrer sur le présent à vivre pleinement (alors, même plus besoin de s'inquiéter de l'avenir ; il sera la continuité du présent bien vécu).

3:33 a.m.  
Anonymous Pierre-Yves a ajouté...

Ces vieilles blessures, si on ne les exprime pas, si on ne les regarde pas bien en face, elles nous voilent la vue, elles nous coupent du monde, de la vie.

7:06 p.m.  

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